Mobilisation en Haute-Loire contre la fermeture de brigades de gendarmerie
En Auvergne, une dizaine de brigades de gendarmerie pourraient être dissoutes, dont 3 en Haute-Loire à l’été 2016. Des projets de fermeture qui suscitent inquiétude et colère chez les élus des communes concernées. Ils dénoncent le désengagement de l’état en milieu rural.
- Par Cyrille Genet
- Publié le 10/07/2015 | 18:57, mis à jour le 10/07/2015 | 18:57
« D’un coté on a un discours qui nous rassure en disant qu’on s’occupe des territoires ruraux, qu’on veut conforter absolument la ruralité et dans les faits, on nous dépouille de ce qui faisait un peu de vie dans notre village » explique Pierre Coupelon, le Maire de Monistrol d’Allier.Ce plan de fermeture des gendarmeries n’en serait qu’au stade de la réflexion et les gendarmes seraient réaffectés au sein de leurs communautés de brigades afin de mieux les répartir en fonction des bassins de vie.Mais le député de la Haute-Loire Jean-Pierre Vigier prévient: « on est d’accord pour discuter, on est d’accord pour une nouvelle organisation de ce service tout en gardant la proximité, par contre, on est contre une suppression pure et dure de nos gendarmeries en milieu rural« .En Auvergne, la dissolution d’une dizaine de brigades est envisagée.
Intervenants : Laurence Manière, commerçante; Pierre Coupelon, Maire de Monistrol d’Allier; Jean-Pierre Vigier, Député de Haute-Loire (Les Républicains). Reportage: Sandrine Montero, Bruno Livertoux.
Source : france3-regions.francetvinfo.fr
Monistrol-d’Allier, Pinols et Champagnac veulent garder leurs gendarmes
Le député Vigier et les maires de Monistrol-d’Allier et Pinols – Photo Michel Roche
« On se demande à quoi on sert, nous les élus »
« Bien évidemment, la gendarmerie ne peut pas continuer de fonctionner comme il y a 30 ou 40 ans », se remémore le député Jean-Pierre Vigier, favorable à « une réorganisation de ces services ». Ce dernier veut ouvrir les discussions avec l’ensemble des parties concernées, « pour trouver les solutions qui permettent le maintien d’un service de proximité » et ainsi éviter « une suppression pure et dure » de ces trois gendarmeries. « Toutes ces décisions sont purement administratives. On se demande à quoi on sert, nous les élus, étant donné que l’on ne nous demande même pas notre avis. On est, la plupart du temps, mis devant le fait accompli », renchérit le maire de Champagnac-le-Vieux, Michel Mignot. Du côté de Pinols, la loi des séries semble s’abattre sur cette commune de l’extrême Ouest : après le canton et une classe, c’est la gendarmerie qui pourrait disparaître.
Les chiffres et « la vie réelle »
« On est assez isolé à Pinols, d’autant plus en montant sur le Mont Mouchet. Là, les gendarmes ne connaissent même pas la commune de La Besseyre-Saint-Marie, ils n’y avaient pas encore été. Je trouve ça dramatique et je ne vois pas comment les gendarmes, en sachant qu’ils sont positionnés à Langeac ou à Saugues, peuvent intervenir aussi rapidement qu’une brigade de proximité, alors que l’on a un territoire immense », s’inquiète le maire de Pinols, Jessica Coudert. Cette dernière conteste par ailleurs les statistiques concernant le nombre de procédures engagées par les gendarmes, sur l’ancien canton de Pinols. Des chiffres qui lui auraient été présentés par le groupement de gendarmerie de Haute-Loire. Tous dénoncent, plus généralement, la disparition des services en milieu rural et promettent de ne pas en rester là. « On est allé au-delà de l’acceptable. On a aussi le droit de vivre normalement sur ce territoire », clame le président de la Communauté de communes du Pays de Saugues, Jean-Claude Morel.